FRANCE La décomposition de la droite ouvre un boulevard à Marine Le Pen

Depuis plusieurs semaines, son nom était cité comme possible recours en cas de désistement de François Fillon. Mais lundi matin, Alain Juppé, 71 ans, candidat malheureux à la primaire de droite et du centre en novembre, a mis fin au suspens, en une dizaine de minutes. « Je confirme une bonne fois pour toutes que je ne serai pas candidat à la présidence de la République », a-t-il dit avec une certaine gravité dans la voix. « Quel gâchis », reconnaît Juppé L’ex-favori des sondages avant sa défaite à la primaire s’est livré à une autocritique, estimant qu’il n’incarnait pas le renouveau exigé par les Français, et qu’il ne pouvait lui-même répondre pleinement à « l’exigence d’exemplarité des Français vis-à-vis de leurs femmes et de leurs hommes politiques ». À 61 jours du premier tour, l’actuel maire de Bordeaux a également dressé un bien piètre tableau de la situation, déplorant le spectacle offert par sa propre famille politique. « Quant à nous, la droite et le centre, quel gâchis »

Alain Juppé, ancien premier ministre de Jacques Chirac, ne jouera donc pas le rôle de deus ex machina dans cette campagne. À en croire les intentions de vote, il était pourtant le seul candidat de la droite à pouvoir défier Marine Le Pen, et à obtenir un ticket pour le second tour. Ainsi, un sondage Kantar Sofres OnePoint pour LCI et Le Figaro publié dimanche 5 mars indiquait que s’il se présentait, Juppé obtiendrait 24,5 % des voix au premier tour contre 17% seulement pour Fillon. François Fillon, bientôt « débranché » ? Pour autant, la décision du maire de Bordeaux exclut-elle l’hypothèse d’une candidature de remplacement ? À ce stade, François Fillon est toujours candidat mais les pressions s’accentuent sur lui. Plus de 300 personnalités de sa propre famille politique (mais aux sensibilités diverses, soit proches de Nicolas Sarkozy, de Alain Juppé ou de Bruno Le Maire) l’ont lâché depuis la semaine dernière. En outre, pour la première fois depuis le début de l’affaire des emplois fictifs présumés, Nicolas Sarkozy est sorti de son silence lundi matin. Via un communiqué laconique diffusé sur son compte Twitter, l’ancien président de la République a proposé une rencontre à François Fillon et à Alain Juppé afin « de trouver une voie de sortie digne et crédible à une situation qui ne peut plus durer et qui crée un trouble profond chez les Français ». Selon Reuters, l’ancien président a réuni lundi matin sa garde rapprochée, dont Christian Jacob, François Baroin, Luc Chatel et Brice Hortefeux, pour tenter de trouver une solution. Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, a été mandaté par le groupe d’élus sarkozystes afin de rencontrer François Fillon et lui demander de se choisir un successeur, rapporte l’agence. Dans le même temps, le parti républicain doit tenir ce lundi en fin de journée, avec 24h d’avance, un comité politique, en présence de François Fillon, pour examiner la situation

FG

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